Nouveaux médias et nouvelles pratiques d'écriture

Dessiner avec les caractères typographiques

L’interfaçage homme-machine repose principalement sur le clavier. Malgré le déploiement d’interfaces de pointage (souris, palette) de d’interfaces tactiles, le texte reste la manière la plus simple et la plus rapide de communiquer, ne serait-ce que pour accéder aux plateformes de messagerie, saisir les adresses, etc. Pour autant, la typographie ne permet pas les libertés qu’offre l’écriture manuscrite (liberté de mise en page, annotations, dessins, etc.) L’extension de l’alphabet romain à l’alphabet ASCII d’une part, et l’association de signes d’autre part, ont cependant permis d’étendre la palette des caractères à des symboles ou des combinaisons de symboles empruntant au dessin (art ASCII, wingdings, smileys, etc.)
(références : travail de Vuk Ćosić sur l’art ASCII)

Expérimentations

(à développer)

Gris du texte et mise en page comme forme d’expression

Malgré les contraintes imposées par la linéarité du récit et les limites de la page, le gris du texte possède une plastique dont certains auteurs se sont emparé pour exprimer une forme, en lien avec le contenu (références : Calligrammes d’Apollinaire, La maison des feuilles de Mark Z .Danielewski). À l’extrême, la typographie peut elle-même être déformée de sorte qu’un mot peut littéralement prendre forme par le dessin de ses lettres (référence : conte pour enfant « le Zapoyoko » de Jean Alessandrini)

Expérimentations

(à développer)
la plasticité du texte numérique, sa mise en forme par la couleur, le corps, la police, la graisse, etc.

La contrainte des CMS

L’écriture en ligne est architecturée par les CMS (systèmes de gestion des contenus), c’est-à-dire par l’ensemble des boutons, boîtes, fenêtres, champs de saisie et menus propres à la mise en page HTML (Valérie-Jeanne Perrier parle d’« abécédaire de formes » et de « litanie de boutons » – cf réf. 93 dans la veille sur la lecture numérique). L’écriture à l’écran diffère ainsi de l’écriture sur papier par le balisage imposé par les CMS et en particulier par les zones de saisie autorisée : l’utilisateur doit naviguer à la souris (ou par des raccourcis clavier, avec les flèches directionnelles et la touche TAB) pour sélectionner ces champs et saisir son texte. L’écriture se fragmente dans la succession des boîtes et des pages que parcourt l’utilisateur.

Expérimentations

Raconter : Les sondages en ligne sont typiques de l’usage des CMS et de la fragmentation du texte. L’utilisateur est d’autant plus dérouté qu’il a rarement une vision d’ensemble sur son parcours dans la succession des pages, les réponses qu’il échafaude les unes après les autres et, in fine, sur la finalité de l’opération. Est-il possible de « faire dire » ou « faire raconter » des bribes d’histoire à un utilisateur à travers ces plateformes de sondage ?
→ établir un sondage de sorte à orienter certaines réponses (obliger l’utilisateur à nommer un lieu, une époque, un état d’âme) et reconstruire une histoire à partir de ces fragments à l’insu de l’utilisateur

Forme et mise en forme de la typographie

Les outils de composition permettent aujourd’hui de travailler à l’échelle du caractère typographique et de le modifier en jouant sur sa mise en forme (fonte, taille, couleur, etc.) et sur sa forme (vectorisée ou pixellisée). Le grand public s’est approprié ces outils (ceux-ci sont parfois proposés en ligne) pour produire des contenus que seule une chaîne traditionnelle d’édition (graphistes, maquettistes, imprimeurs) permettaient d’obtenir. Il est intéressant de regarder comment ces flyers, livrets, albums, faire-part, etc. ont saturé le regard et ont banalisé l’emploi de techniques graphiques pour mettre en valeur un contenu textuel au point de faire disparaître le fond derrière la forme.

Expérimentations

Brouiller : (à développer) surimpression / déformation de typographies (voir par ex. le programme proposé dans le livre Design Génératif) selon des schémas interactifs, au point que le lecteur est diverti par ce qui se passe à l’écran (au lieu d’entrer dans le texte)

Façonner : (à développer) texte vectorisé vs texte pixellisé / par ex. jeu de transformation de caractères pixellisés avec l’outil Dégradé d’Illustrator – abstraction du sens

Zoomer : que devient un texte lorsque l’on zoome à fond dessus (formes et contre-formes, pixellisation, etc.) ? quel sens prend-il ?

Posté par jfgleyze

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